
Samedi 18 mai se déroulera la 18e édition de la Belgian Pride. Avec 70 000 personnes réunies en 2012 au cœur de Bruxelles, l’événement est devenu incontournable dans le calendrier belge.
Si la Belgian Pride offre, le temps d’une journée, la liberté à tous, gays, lesbiennes, bisexuels, transgenres, intersexuels, et leurs amis, d’être soi-même en plein cœur de la ville, et insuffle un vent de fête sur la capitale, cette « PRIDE4EVERY1 » n’en reste pas moins un événement où chaque année, le monde lesbigay et trans appelle, d’une seule et même voix, à la solidarité et à l’égalité.
La Belgique fête cette année deux anniversaires pour le moins symboliques : les 10 ans de l’ouverture du mariage aux couples du mêmes sexe, et les 7 ans de légalisation de l’adoption pour ces derniers, ce alors que ce même débat agite encore nos voisins français. En Belgique, la famille revêt donc depuis lors des visages très différents : parents isolés, cohabitants de même sexe ou non, familles recomposées, familles homoparentales, etc.
Ce sont donc ces Rainbow Families, fruits de la diversité et de l’ouverture, qui seront mises à l’honneur cette année, tout en soulignant le chemin qu’il reste à parcourir afin que toutes les familles soient égales devant la loi, notamment au niveau de :
- La filiation et la reconnaissance pour les couples du même sexe ayant recours à la procréation médicalement assistée ou à une mère porteuse. Ceux-ci sont confrontés à une procédure d’adoption lourde, coûteuse, et inadaptée à ces réalités spécifiques puisqu’elle n’ouvre pas l’accès à certains droits comme le congé d’adoption, et qu’elle ne donne aucune possibilité au partenaire de recueillir l’enfant en cas de décès de la mère lors de l’accouchement.
- La parenté sociale au sein de ces Rainbow Families, permettant à une personne entretenant un lien de parenté et/ou affectif avec la famille et l’enfant, d’accéder à certaines responsabilités réservées aux parents, de garder un contact avec les enfants qu’il a contribué à élever et obtenir éventuellement un droit de garde. L’enfant doit aussi pouvoir réclamer une pension alimentaire à celui-ci. Il est par ailleurs nécessaire d’instaurer un cadre juridique spécifique de la co-parentalité, dans le cas où le projet parental implique dès l’origine plus de deux parents.
- La gestation pour autrui : les futurs parents ayant actuellement recours à une mère porteuse et les femmes désireuses de porter un enfant pour autrui n’ont aujourd’hui aucun cadre légal de référence. Les autorités fédérales doivent encadrer légalement les recours à la gestation pour autrui afin de garantir et de protéger toutes les personnes impliquées, particulièrement les enfants issus de cette démarche.
- Les organismes d’adoption qui, malgré l’ouverture de l’adoption aux couples du même sexe, reste une procédure semée d’obstacles pour ces derniers. Le refus de certains organismes agréés de travailler avec des couples homos en est un en Fédération Wallonie-Bruxelles. La Communauté française doit veiller à ce que ces organismes ne pratiquent aucune forme de discrimination par rapport à l’orientation sexuelle des candidat-e-s adoptant-e-s.
- Les pays d’origine, avec lesquels la Fédération Wallonie Bruxelles conclut des accords de coopération en matière d’adoption, mais qui ne souhaitent pas voir les enfants confiés à des familles homoparentales. Il revient à l’Autorité centrale communautaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles, compétente en matière d’adoption de rechercher activement des pays partenaires ouverts à l’adoption par les couples de même sexe.
- Les centres de fertilité, dont certains, sous couvert de la liberté thérapeutique, refusent systématiquement l’accès aux couples de femmes. Il revient au Ministre en charge de la Santé de procéder à un screening des pratiques des hôpitaux en termes d’accès à la procréation médicalement assistée pour les couples lesbiens.
La Belgian Pride accordera aussi la part belle à la solidarité internationale. A ce titre, la Macédoine sera invitée d’honneur de l’édition 2013.
L’homophobie en Macédoine est quasi institutionnalisée : elle est présente au sein même du pouvoir et de la presse. Les activistes et LGBT en général sont confrontés à la discrimination et à la violence. Les institutions et le système entier, au lieu de les protéger, propagent cette homophobie.
C’est donc afin de leur donner l’occasion d’organiser «leur» Pride que quelques activistes LGBTQI macédoniens seront invités à ouvrir le cortège de la Belgian Pride, en portant le drapeau arc-en-ciel.
La Belgian Pride aura lieu le 18 mai à partir de 12h dans le centre de Bruxelles. Comme chaque année, l’événement inaugure la « saison » des Gay Pride d’Europe, et se distingue par son caractère unique.
Organisée en coproduction avec VISITBRUSSELS, The Belgian Pride offre chaque année au public un programme varié. De la traditionnelle Parade parcourant le centre-ville dans une ambiance des plus colorée, au PrideVillage, où l’information se mêlera allègrement au divertissement, tous les ingrédients seront réunis pour une journée de festivités, de quoi garantir une ambiance toujours fidèle au rendez-vous.